22 5 / 2012
[Playlist #71] MC Flex

New York, 1993. La culture hip hop monte en puissance et va connaître son apogée à la fin de la décennie. Vous êtes un jeune aficionado du genre et vous décidez de vous lancer dans le bain. Les conditions de vie sont difficiles dans votre quartier, l’un des plus défavorisés de la Big Apple, vous côtoyez chaque jour la violence, vous l’avez à fleur de peau, toujours derrière vous, prête à bondir sur vous ou l’un de vos frères.
Sans travail, sans diplôme, votre avenir est compromis dans cette société où seuls les “vainqueurs” ont leur place. L’école, vous l’avez quittée bien trop tôt, lui préférant les parties de basketball avec vos amis. Vos journées, vous les passez dehors à traîner, sans but. Vous ne faites que survivre dans une jungle urbaine hostile.
Mais à partir de maintenant, tout cela sera du passé. Vous écrivez vos punchlines à la vitesse de la lumière, contant au monde entier la misère dans laquelle vous baignez. Vous trouvez deux potes pour assurer vos arrières sur la scène et un DJ capable de retourner l’assistance à coup de scratch. Une petite salle et quelques concerts à guichet fermé plus tard, la légende est née.
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25 4 / 2012
[Playlist #70] Condemned to the depths

C’est l’histoire d’un homme à qui le destin avait fait un sale coup.
Malheureux, abandonné, ruiné, épuisé, à moitié mort mais s’accrochant tout de même à la vie avec le peu de forces lui restant. Il avait tout perdu, on avait traîné sa carcasse dans les tréfonds de l’humanité, réduit sa dignité à peau de chagrin. Il avait atteint le point le plus bas qu’un homme puisse atteindre.
Il tomba un jour dans une ruelle sombre sur un coffre de manufacture très ancienne. Intrigué et méfiant, l’homme ne voulait pas se risquer à ouvrir la boîte de Pandore une seconde fois. Il resta penché sur ce morceau d’antiquité oublié, des jours, des nuits, peut-être bien des semaines. Puis un jour, il céda. Après tout, il a n’avait rien à perdre. Il se retrouva aspiré à l’intérieur du coffre, dans un univers étrange et brumeux. Le ciel était noir comme le néant, seule la foudre le transperçait et fendait les airs de ses éclairs immaculés. Des geysers de lave surgissaient de part et d’autre de la grande plaine où il se trouvait, rompant avec l’obscurité. Il devait être aux confins de l’enfer.
Le coffre qu’il avait trouvé devait faire figure de quelconque porte vers une dimension intermédiaire, tel le Styx qui menait les morts à Hadès, dans la mythologie, ou le terrier du lapin blanc dans une célèbre histoire de Lewis Carroll.
Soudain, il vit une silhouette illuminée au loin. Il s’en approcha tel un enfant affamé qu’on attirerait vers l’espoir avec une énorme part de gâteau. Un grand barbu en veste de cuir, perché sur une moto d’une taille bien trop grande pour lui, regarda l’homme et lui fit signe de monter à bord. Il n’était alors qu’aux prémices d’un long voyage dans le pays des ténèbres, un long périple vers la rédemption.
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24 4 / 2012
[Playlist #69] The marvellous trip to Dreamland

Les rêves, ne sont-ils pas fascinants? Ils ne sont que le fruit d’un dialogue avec notre subconscient, une fraction de seconde à l’échelle atomique, un brouillard d’informations spectaculaires au réveil. Et pourtant, qu’est-ce qu’ils nous fascinent!
Ils sont la porte vers de nouvelles dimensions, des paradis artificiels chargés d’imagination, meilleurs que la plus merveilleuse des drogues psychédéliques.
Ils sont l’imagerie de notre introspection, un dédale torturé de pensées et d’idées, une ouverture dans l’espace-temps propre à la sacralisation de tous nos fantasmes. Le rêve est comme une porte vers l’infini, le cheval qui vous fait sauter au-delà de la barrière de l’horizon. Une épopée vers le néant, une cavalcade dans le brouillard. Et quel beau voyage que celui-ci. Il nous emmène aux tréfonds de notre cerveau, au sommet de notre esprit. Par-delà les arcs-en-ciel de nos synapses.
Notre imaginarium est sans limites, nous pouvons voguer de mers de tranquillité en océans de soleil, soulevés par un tapis volant, naviguant au dessus de cités gargantuesques et millénaires, chevauchant la vie à travers toutes ses facettes.
On y rencontre des animaux enchantés, des empereurs fantasques ou des aventuriers au grand coeur. On y fait ce que l’on veut, dans la liberté la plus totale. On y nage dans les lacs cristallins, on y danse jusqu’à l’aube, on y croque le fruit défendu avant de se laisser tomber dans le vide.
Le rêve est un espace infiniment gigantesque, où tout est permis et où l’on se laisse transpercer de tout parts par notre esprit. En si peu de temps. Avec si peu de souvenirs… Comme si notre être voulait nous garder dans la brume, nous désincarner de l’imaginaire pour mieux nous remettre dans la réalité au petit matin. Mais un jour, nous percerons tous le secret, nous serons tous des rêveurs s’élevant au dessus des nuages, traversant l’espace. Nous accéderons à l’absolu état de grâce, le nirvana spirituel.
20 4 / 2012
[Playlist #68] Evasion

L’évasion. Ce sentiment de liberté subséquent à la fuite d’une vie qui devenait trop monotone et incolore. Cette puissante force de l’intérieur qui vous prend aux tripes et à la tête et vous enivre. L’achèvement d’un rêve longtemps noyé dans les troubles du monde réel. La clé vers un état de conscience et de force supérieur, vers un chemin non-balisé vers l’absolu sentiment d’accomplissement, le nirvana. Vous rêvez de vous échapper, de vous libérer des chaînes de votre quotidien, de laisser tout le monde derrière vous pour avancer à pas de géant. Vous rêvez de courir vers l’aventure, d’affronter l’inconnu, de ne pas seulement exister mais de vivre pleinement votre vie, de croquer la pomme à pleines dents. Vous rêvez de vous retrouver au beau milieu de nulle part, perdu dans l’introspection qui remet votre esprit à neuf et le réinvente, égaré dans l’immensité du monde, loin de tout ce qui vous reliait à votre vie d’antan. Vous voulez accéder à la liberté absolue, sortir de la prison des calendriers, vaincre la sacro-sainte semaine et son enfant terrible de week end, plonger dans une dimension nouvelle gorgée de plénitude. Vous voulez vous évader. Sortir des cloisons de la normalité, inventer le monde à votre goût, repeindre le ciel en rose, vous ouvrir l’esprit jusqu’à le perdre dans une contrée étrangère. Il ne tient qu’à vous de vous évader. C’est à vous de vous lancer, de quitter votre bleu de travail, de prendre votre sac à dos et le premier train du dimanche. C’est à vous de faire le premier pas, de prendre l’initiative, de foncer vers l’infini. Il est temps. La balle est dans votre camp.
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